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L’association Internationale de Pédagogie Universitaire, section Suisse, organise le 8 septembre prochain une journée de réflexion et d’échanges à propos de l’évaluation des apprentissages dans l’enseignement supérieur. Les objectifs de cette journée sont de:

  • mettre en valeur les pratiques enseignantes innovantes en matière d’évaluation des apprentissages (évaluation de compétences professionnelles, évaluation-diagnostic, évaluation par simulation, cartes conceptuelles, grilles d’évaluation, etc.) ;
  • offrir une occasion d’échange à ce sujet aux enseignant-e-s des Universités et EPF, des HEP et des HES ;
  • faciliter le transfert de pratiques innovantes en clarifiant les acquis de celles-ci.

Affiche AIPU

Le programme est accessible en ligne, de même que le formulaire pour s’inscrire. La journée se déroulera de 9h15 à 16h30 à la Haute École de Pédagogie du canton de Vaud à Lausanne.

Plusieurs présentations où des enseignant-e-s présenteront leurs pratiques en matière d’évaluation des connaissances et des compétences de leurs étudiant-e-s m’intéressent assez bien. J’en ferai très certainement un compte-rendu ici-même dans le courant du mois de septembre.

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J’avais annoncé en mai dernier que je travaillais avec deux collègues de Fribourg sur un document de quelques pages à propos du feedback aux étudiant-e-s. Ce document est à présent terminé et est en ligne sur le site du Centre de Soutien à l’Enseignement (PDF, 118Ko).

Voici ses objectifs:

Le feedback en enseignement désigne habituellement l’information qui est donnée par un-e enseignant-e à un-e étudiant-e suite à l’évaluation d’un travail écrit ou oral. Il s’inscrit ainsi dans le cadre de la relation pédagogique qui se construit entre enseignant-e et étudiant-e. Il peut se produire à différents moments de l’apprentissage et dans des situations très variées : la préparation d’un exposé oral ou écrit par l’étudiant-e, l’encadrement d’un travail de mémoire ou de thèse, une présentation orale, un examen blanc, l’apprentissage de manipulations en laboratoire, etc. […]

Ce document s’adresse aux enseignant-e-s de l’enseignement supérieur, qu’ils/elles soient en charge de cours, TP, séminaires, etc. Son objectif est double : proposer une réflexion sur la pratique du feedback aux étudiant-e-s dans diverses situations d’interactions pédagogiques et suggérer des pistes d’action pour développer des pratiques de feedback centrées sur l’apprentissage. Par « feedback centré sur l’apprentissage », nous entendons un feedback :

  • qui vise à donner l’occasion à l’étudiant-e de prendre du recul par rapport à un travail qu’il/elle a réalisé dans le but de l’améliorer.
  • qui aide à préparer une évaluation finale (ou sommative).
  • qui donne des clés à l’étudiant-e pour progresser par la suite de façon plus autonome.

Nous avons produit aussi une version longue de ce document. Cette version contient une section spéciale à propos de l’utilisation de grilles d’évaluation critériées pour fournir des feedbacks aux étudiant-e-s.

Cette collaboration avec le Centre de didactique universitaire de l’Université de Fribourg en amènera très certainement d’autres, sur d’autres sujets. A suivre donc…

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De temps à autres, lors des formations que nous offrons, lorsque nous argumentons en faveur d’une méthode pédagogique particulière ou à propos de telle ou telle façon de considérer l’enseignement ou l’apprentissage, et que pour ce faire nous avons recours à des résultats de recherche en sciences de l’éducation, nous entendons parfois ce type de réflexion: « ah oui, mais moi j’y crois pas« . En général, les personnes qui nous répondent cela ont des représentations de leur rôle d’enseignant-e assez fortes et, pour une raison ou une autre, n’ont pas vraiment envie de faire évoluer leur façon de considérer l’enseignement et l’apprentissage. Je dirais que c’est bien sûr leur droit le plus strict. Mais ceci ne me met pas toujours à l’aise.

Cela m’est arrivé récemment dans deux situations où je discutais avec des assistant-e-s:

  • J’expliquais que les recherches à propos du conflit sociocognitif tendaient à montrer que lorsqu’un débat d’idées « dérapait » sur des arguments qui mettaient en cause les compétences des participant-e-s à la discussion (« mais non, tu n’y es pas du tout, tes arguments ne valent rien… » ou « ce que tu dis n’as vraiment pas de sens!« ), il y avait peu de chances pour que ceux/celles-ci décentrent leur point de vue, acceptent de considérer le point de vue de l’autre, et finalement fassent évoluer leur propre point de vue et apprennent. En tant qu’enseignant-e, il est donc important de centrer les débats autour des idées et de ne pas laisser les étudiant-e-s argumenter en dénigrant les compétences des autres. Il m’a été répondu: « ah oui, mais moi je crois pas à ça, il faut justement que les étudiants argumentent le plus possible pour faire valoir leur point de vue« .
  • J’argumentais en faveur des grilles d’évaluation critériées en expliquant que la recherche avait mis en évidence qu’avec ce type d’outils, l’évaluation des apprentissages était plus objective et plus juste. On m’a répondu: « alors ça, je n’y crois pas du tout!« .

Que répondre à cela? Ce sont des arguments scientifiques contre des représentations/croyances personnelles fortes. Il est donc difficile d’avoir un débat serein… Ce que je fais, c’est que je ne vais simplement pas plus loin dans la discussion.

Imaginons à présent ces deux situations fictives (et absurdes):

  • Je me sens malade, j’ai mal au ventre et à la tête. Je me rends chez un médecin à qui j’explique ces symptômes. Il me dit alors: « Relevez votre manche, je vais vous faire une saignée« . Je réponds: « Euh… vous êtes sûr? Il me semblait qu’il fallait d’abord prendre la tension et ausculter… La recherche a montré que la saignée n’était pas très efficace…« . J’obtiens pour réponse: « Ah oui, mais moi j’y crois pas du tout! Une bonne saignée, rien de tel!« .
  • Mes enfants vont à l’école et lors de la première réunion de parents, les enseignantes expliquent qu’elles ont dans leur classe de grandes règles en bois avec lesquelles elles frappent les doigts des enfants quand ils ne connaissent pas bien leurs leçons. J’ai beau expliquer que la recherche en pédagogie avait montré depuis longtemps que l’efficacité de ces méthodes était très aléatoire, on me répond systématiquement: « ah oui, mais ici, on n’y croit pas« .

Que faire? En ce début de troisième millénaire, rares sont les professions qui ne se basent pas sur un corpus de recherches scientifiques. On pense bien sûr à la médecine, à l’ingénierie civile, aux biotechnologies, à la pharmacie, à la psychologie, à l’économie, etc. Pourquoi pas à l’enseignement (à l’université)? Est-ce un métier qui ne se base que sur l’intuition et sur « ce qui se fait d’habitude »? Une des compétences professionnelles les plus importantes, et souvent citées lors de la conception de programmes de formation dans toutes les disciplines, est la capacité à s’approprier et à mettre en œuvre les résultats de la recherche dans le domaine. Pourquoi serait-ce différent pour le métier d’enseignant-e?

Selon un article récent de Scott Webster (2009), c’est effectivement un peu différent pour ce métier. En effet, selon lui, le courant de pensée que les anglo-saxon-ne-s appellent le « evidence-based teaching« , bien que basé sur les résultats de recherches en sciences de l’éducation, est un courant qui a souvent un discours non pas scientifique mais plutôt managérial et politique. Il s’agit en fait d’un discours assez normatif dans un domaine qui ne l’est par définition pas, et dont la plupart des enseignant-e-s se méfient. On peut comprendre qu’un discours normatif et standardisé soit important en médecine ou en ingénierie pour s’assurer que les praticien-ne-s appliquent les dernières découvertes scientifiques. Mais en éducation, ça paraît en fait plutôt utopique… Webster propose plutôt aux enseignant-e-s non pas « d’appliquer » les résultats de la recherche (ce qui aurait relativement peu de sens dans la mesure où les résultats des recherches en pédagogie ont une généralisabilité souvent limitée) mais plutôt d’adopter une « attitude scientifique » que ce soit face à la recherche ou par rapport à leur pratique quotidienne. Comment? D’abord en faisant connaître des résultats de recherche variés et en invitant les enseignant-e-s à réfléchir à l’opportunité de les mettre en oeuvre dans leur classe en fonction des besoins de leurs étudiant-e-s. Ensuite en réfléchissant régulièrement à leurs propres pratiques d’enseignement et en les analysant.

Dans l’avenir, en fonction des circonstances, je crois que je vais aborder la question avec humour, en racontant des situations fictives et absurdes et en essayant d’amener les participant-e-s à nos formations à s’interroger sur les apports possibles de la recherche pour le développement de pratiques pédagogiques. Je ne pense pas qu’il faille affronter de front les représentations personnelles (qui sont parfois fondées sur une réelle réflexion personnelle), mais plutôt inviter à réfléchir, questionner et donner des outils pour développer les pratiques.

Scott Webster, R. (2009). How evidence-based teaching practices are challenged by a Deweyan approach to education. Asia-Pacific Journal of Teacher Education, 37(2), 215.

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Comme annoncé il y a quelques temps, j’ai assisté le 29 mai dernier au Webinar eduhub consacré au portfolio électronique. L’enregistrement de cette conférence est accessible sur le site des événements eduhub.

Personnellement, voici deux choses que j’ai notées lors de la conférence et suite aux discussions avec les deux présentatrices (l’article où je présente une définition et quelques principes d’usages des portfolios se trouve ici):

  • Le portfolio (qu’il soit électronique ou pas) est un outil vraiment intéressant si l’on veut amener les étudiant-e-s à développer leurs compétences de métacognition. Ces compétences peuvent servir pendant les études pour que les étudiant-e-s développent des stratégies appropriées pour étudier, comprendre, mémoriser, etc. Elles sont aussi importantes après les études pour constituer un CV. Il semble en effet que beaucoup d’étudiant-e-s mettent en valeur dans leur CV le contenu des cours qu’ils/elles ont suivis plutôt que les compétences transversales qu’ils/elles ont appris à maîtriser, compétences qui sont davantage valorisées sur le marché de l’emploi, comme le travail en groupe, la rédaction de rapport, l’autonomie dans le travail, la présentation orale, etc.
    Un portfolio peut aussi amener les étudiant-e-s à faire des liens entre leurs cours et à porter une réflexion sur l’ensemble du cursus qu’ils/elles sont en train de suivre. Cela peut les aider à mieux comprendre les enjeux scientifiques des cours par exemple ou à utiliser ou reconsidérer des théories ou des méthodes dans d’autres contextes.
  • Au niveau des outils de portfolio électronique, plusieurs existent déjà, dont Mahara qui s’intègre assez bien avec la plate-forme Moodle. Cependant, aucun de ces outils ne semble utiliser un quelconque standard de format de document qui serait basé sur XML ou IMS-LD. Je me pose donc plusieurs questions: que faire si on veut changer de plate-forme de portfolio électronique (fonction import/export)? comment transférer les données ou partie des données à quelqu’un d’autre ou sous différentes formes (PDF, DOC, image, etc.)? comment facilement produire un document (PDF par exemple) qui reprendrait pour une personne donnée (un-e employeur-euse, un-e enseignant-e, etc.) un certain nombre d’informations pertinentes? Je pense que pour une institution d’enseignement supérieur qui voudrait se doter d’un outil de ce type, ça devrait être une question importante à prendre en compte. De même que pour une personne qui voudrait créer un portfolio en ligne.

La conférence que j’ai suivie apporte quelques réponses à ces questions. Mais cela reste un dossier à suivre. En tant que conseiller pédagogique, je m’interroge notamment sur des exemples concrets à proposer à des enseignant-e-s ou à une faculté qui chercheraient à soutenir leurs étudiant-e-s dans le développement de leurs compétences transversales et à valoriser celles-ci. Une piste possible est cette vidéo d’une conférence (10 petites minutes) où l’usage du portfolio électronique dans une faculté de médecine (Paris Descartes) est présenté. Cet outil est utilisé dans ce cas pour soutenir le développement des compétences métacognitives chez les étudiant-e-s mais aussi pour leur certification: le portfolio constitue une collection de « preuves » d’apprentissage des étudiant-e-s médecins (3ème cycle de médecine générale). Les étudiant-e-s peuvent aussi connecter leur portfolio avec celui de leurs collègues en créant des groupes. L’outil utilisé est la plate-forme de blogs de l’université.

Un autre exemple est celui du département d’archéologie et histoire de l’art de l’Université catholique de Louvain qui encourage ses étudiant-e-s à créer un portfolio électronique durant leurs 3 années de bachelor. Le but est ici de valoriser les activités extra-académiques des étudiant-e-s. L’outil utilisé est tout simplement la plate-forme Claroline.

Je finis avec une ressource très récente issue du blog de Tomorrow’s Professor qui présente l’usage du portfolio non seulement comme un soutien à l’apprentissage des étudiant-e-s mais aussi comme une source importante de feedback pour les enseignant-e-s et les facultés à propos de leurs cours et de leurs programmes:

Students generally use e-portfolios to collect their work, reflect upon strengths and weaknesses, and strive to improve. Equally beneficial are the data that faculty, departments, and institutions derive when they assess the work in portfolios, reflect upon it in curricular contexts, and use the data and reflections to plan for improvement. E-portfolios provide a rich resource for both students and faculty to learn about achievement of important outcomes over time, make connections among disparate parts of the curriculum, gain insights leading to improvement, and develop identities as learners or as facilitators of learning.

L’article s’articule ensuite autour de témoignages d’étudiant-e-s et d’enseignant-e-s à propos de l’usage de portfolios.

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Plusieurs observations et témoignages m’ont récemment poussé à rechercher de la documentation à propos de la différenciation de l’enseignement:

  • une assistante, suite à un cours ex-cathedra avec 70 étudiant-e-s se demande s’il est possible de donner sa matière autrement, mais elle écrit: « Je garderai cependant le même genre d’approche pour l’enseignement, car vu le type de cours il n’y a pas tellement de possibilités« .
  • dans les évaluations des enseignements, lorsque des étudiant-e-s de différentes disciplines sont rassemblé-e-s pour un même cours, je vois souvent des commentaires du type: « ce cours est trop facile pour les géologues et trop difficile pour les géographes« , « ce cours a beaucoup d’intérêt pour les psychologues mais beaucoup moins pour les sociologues« , etc.
  • un assistant donne cours à un groupe composé d’étudiant-e-s de 19-20 ans et de professionnel-le-s de 40-50 ans qui ont déjà 15 à 20 ans de carrière: comment intéresser tout le monde? comment montrer aux jeunes étudiant-e-s qu’ils/elles ont probablement aussi des choses intéressantes à apporter dans le cours?

P. Perrenoud (1992) définit ainsi la différenciation:

différencier, c’est organiser les interactions et les activités de sorte que chaque élève soit constamment ou du moins très souvent confronté aux situations didactiques les plus fécondes pour lui.

Différencier son enseignement est une pratique assez courante dans l’enseignement primaire, par exemple, en organisant des groupes de niveaux différents, en organisant un tutorat entre élèves (des enfants plus avancés pour certaines compétences aident des élèves moins avancés pour certaines activités), en proposant des exercices individualisés auto-corrigés (chaque élève va alors à son rythme au travers d’un fichier d’exercices), en organisant des travaux de groupe, etc.

Beaucoup d’enseignant-e-s et d’assistant-e-s à l’université réagiront probablement à cette idée de différenciation en disant que ce n’est tout simplement pas possible: pas le temps, pas d’utilité, cela demanderait trop d’organisation et trop d’assistant-e-s pour encadrer les étudiant-e-s, etc. A cela, je répondrais quand même plusieurs choses:

  • différencier n’est pas individualiser: il ne s’agit pas d’encadrer chaque étudiant-e individuellement en l’accompagnant dans ses apprentissages. Il s’agit plutôt d’organiser des parcours d’apprentissage différents que les étudiant-e-s peuvent emprunter ou non en fonction de leurs besoins.
  • tout le travail ne doit pas être fait uniquement par l’enseignant-e: les étudiant-e-s peuvent aussi participer à l’organisation par exemple en s’entraidant, en recherchant des ressources complémentaires, en s’évaluant l’un-e l’autre, en se répartissant le travail, etc. L’enseignant-e a alors surtout un rôle d’organisateur-trice d’activités d’apprentissage.
  • bien qu’on ne s’en rende pas toujours compte, beaucoup d’activités d’enseignement sont déjà différenciées à l’université: le support des assistant-e-s dans les laboratoires lors des TP, les ressources complémentaires des cours que les étudiant-e-s peuvent utiliser ou non en fonction de leurs intérêts ou besoins, l’accompagnement des mémoires et des thèses, le feedback donné aux étudiant-e-s ou groupes d’étudiant-e-s qui présentent leur travail dans un séminaire, le choix qu’ont les étudiant-e-s pour trouver un thème pour leurs travaux individuels, l’utilisation des plates-formes virtuelles d’enseignement qui laissent une certaine liberté dans l’usage des ressources mises à disposition ou la possibilité de proposer des parcours d’apprentissage que les étudiant-e-s peuvent suivre à leur rythme, l’organisation d’heures de réception pour les étudiant-e-s qui auraient des questions particulières à poser, la mise à disposition de podcasts pour les étudiant-e-s, etc.

Différencier l’enseignement à l’université pourrait donc être un prolongement de ce qui se fait déjà. Ce serait aussi l’occasion d’être davantage attentif-ve aux questions que j’ai citées au début de cette note. Voici donc quelques pistes à explorer, que j’ai glanées ça et là, mais surtout dans ce document produit par l’Institut National de Recherche Pédagogique (INRP) français (évidemment, le texte est très orienté « école primaire »… mais celui ou celle qui me trouve un document spécifique pour l’enseignement universitaire gagne un abonnement à vie à ce blog 🙂 ). Je les adapte pour l’enseignement supérieur:

  • en première année de BAC, il peut être utile de demander aux étudiant-e-s, lors du premier cours, ce qu’ils/elles connaissent déjà de la matière qui va être vue. Ceci peut se faire par exemple via un bref questionnaire. Le cours peut alors commencer en faisant référence à ce que la plupart des étudiant-e-s savent déjà ou pas. En plus, cela conduit à une réflexion intéressante à propos des prérequis des cours: que faut-il connaître et savoir-faire pour pouvoir suivre un cours sans être directement complètement largué-e?
  • lorsque des étudiant-e-s de plusieurs sections différentes sont présent-e-s au cours, une idée est de proposer aux plus « faibles » un ou deux textes de base à lire lors des 2 ou 3 premières semaines du cours. Cela peut leur permettre de se mettre à niveau. Éventuellement, les 2-3 premiers cours peuvent se faire sans eux ou uniquement avec eux, pendant que l’autre groupe a d’autres travaux à réaliser.
  • pour automatiser et individualiser le feedback aux étudiant-e-s à propos de leurs travaux, le recours aux grilles d’évaluation critériées peut s’avérer très pratique. Je décrirai ce système dans une prochaine note mais le principe est de préparer à l’avance une grille qui reprend en détails ce qu’on attend d’un bon travail. Cette grille décrit aussi point par point ce qu’est un moins bon travail et ce qu’est un travail au-dessus de la moyenne. Il suffit alors d’entourer les commentaires qui correspondent à un travail pour créer un feedback individualisé. Plusieurs exemples se trouvent sur cette page créée dans un collège privé du Minnesota (Saint-Scholastica). Ces grilles peuvent être utilisées par les étudiant-e-s eux-mêmes pour auto-évaluer leurs travaux ou par les étudiant-e-s entre eux/elles pour évaluer le travail de leurs collègues.
  • avec des étudiant-e-s adultes qui exercent déjà une profession, le programme d’un cours peut se construire autour des intérêts professionnels et personnels des participant-e-s, par exemple en leur faisant développer un projet qu’ils/elles devraient mettre en place sur leur lieu de travail. Le rôle de l’enseignant-e est alors d’accompagner les projets et de fournir des ressources.
  • pour réaliser certains travaux collaboratifs, il est possible de former délibérément les groupes en mettant ensemble des étudiant-e-s plus avancé-e-s et d’autres moins avancé-e-s, en regroupant des étudiant-e-s qui ont des compétences complémentaires ou en imposant certains rôles ou certaines tâches à chaque étudiant-e dans les groupes pour que chacun-e développe des compétences spécifiques (recherche de documentation, synthèse d’articles, interview d’expert-e-s, rédaction de résultats de recherche, etc.).

Voici donc quelques idées à tester et explorer. Je reviendrai très probablement sur ce thème bientôt en fonction des discussions que je ne manquerai pas d’avoir avec des assistant-e-s et des enseignant-e-s…

Perrenoud, P. (1992). Différenciation de l’enseignement: résistances, deuils et paradoxes. Cahiers pédagogiques, 306, 49-55.

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Actuellement impliqué dans un travail préparatoire à la rédaction d’un memento sur le feedback aux étudiant-e-s, j’ai lu le texte de cette conférence de D. Nicol (2007). L’intérêt de ce texte est de clairement lier évaluation formative et feedback, ce qui n’est pas toujours le cas dans cette littérature. Nicol rappelle ainsi qu’un feedback a pour but d’aider les étudiant-e-s à atteindre des objectifs d’apprentissage fixés au préalable et qu’il devrait donc s’y référer en leur donnant des indications claires sur le parcours qu’il reste à accomplir pour les atteindre. Ceci peut paraître trivial 🙂 mais quand je vous apprendrai qu’il arrive à l’université que des cours d’expression écrite soient évalués au moyen d’examens oraux, vous vous direz probablement comme moi que certaines évidences sont parfois bonnes à rappeler.

Good assessment and feedback practices should:

  1. Help clarify what good performance is (goals, criteria, standards). To what extent do students in your course have opportunities to engage actively with goals, criteria and standards, before, during and after an assessment task?
  2. Encourage ‘time and effort’ on challenging learning tasks. To what extent do your assessment tasks encourage regular study in and out of class and deep rather than surface learning?
  3. Deliver high quality feedback information that helps learners self-correct. What kind of teacher feedback do you provide – in what ways does it help students self-assess and self-correct?
  4. Encourage positive motivational beliefs and self-esteem. To what extent do your assessments and feedback processes activate your students’ motivation to learn and be successful?
  5. Encourage interaction and dialogue around learning (peer and teacherstudent. What opportunities are there for feedback dialogue (peer and/or tutor-student) around assessment tasks in your course?
  6. Facilitate the development of self-assessment and reflection in learning. To what extent are there formal opportunities for reflection, self-assessment or peer assessment in your course?
  7. Give learners choice in assessment – content and processes. To what extent do students have choice in the topics, methods, criteria, weighting and/or timing of learning and assessment tasks in your course?
  8. Involve students in decision-making about assessment policy and practice. To what extent are your students in your course kept informed or engaged in consultations regarding assessment decisions?
  9. Support the development of learning communities. To what extent do your assessments and feedback processes help support the development of learning communities?
  10. Help teachers adapt teaching to student needs. To what extent do your assessment and feedback processes help inform and shape your teaching?

Les quelques conseils de Nicol ci-dessus mériteraient d’être mis en relation avec des exemples de grilles critériées d’évaluation qui permettent de rendre les évaluations plus valides et d’automatiser un peu le feedback. En anglais, c’est plutôt sous le terme rubrics (ou scoring scales) que l’on rencontre ce type d’outil d’évaluation et de feedback. Avant d’aborder cette question dans une prochaine note, voici une série d’exemples de « rubrics » adaptés aux cours universitaires, proposés par la Indiana University Kokomo. Il s’agit d’outils pour évaluer différentes productions souvent demandées aux étudiant-e-s dans différentes disciplines.

Nicol, D. (2007). Principles of good assessment and feedback: Theory and practice. Dans REAP International Online Conference on Assessment Design for Learner Responsibility, 29th-31st May, 2007. Retrouvé de http:/www.reap.ac.uk/public/Papers/Principles_of_good_assessment_and_feedback.pdf (PDF, 135 Ko).

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Le dernier webinar organisé par eduhub le mercredi 29 avril dernier était consacré à une présentation du service SAQ (Service d’Analyse Qualitative de QCM en ligne). Ce fut l’occasion pour moi de me rappeler des critères de qualité à respecter lorsqu’on crée des questions à choix multiples. Il y a quelques années, je faisais régulièrement des présentations à ce sujet pour des enseignant-e-s et j’avais résumé en quelques dias ces critères de qualité, tirés du livre de D. Leclercq (1986) La conception des Questions à Choix Multiple, Bruxelles: Labor. Voici ces dias:

(pour télécharger le fichier, cliquer sur Menu puis Download Presentation)

Le webinar d’eduhub fut ainsi l’occasion de discuter des avantages et inconvénients des QCM pour évaluer des apprentissages. D’une part, les QCM permettent entre autres de soumettre des questions claires et précises aux étudiant-e-s, d’automatiser la correction, de couvrir plus facilement l’ensemble d’une matière dans un examen, de faciliter l’auto-évaluation par les étudiant-e-s, etc. Mais d’autre part, mettre au point une QCM (et les feedbacks adaptés) peut prendre beaucoup de temps. Il est tentant aussi de poser des questions de détail ou de mémoire alors qu’il est possible d’évaluer des processus mentaux variés (compréhension, application, analyse, etc.) quand on se donne la peine de rédiger des questions appropriées. Il y a également un risque que les étudiant-e-s retiennent des réponses fausses si un feedback n’est pas donné rapidement. Enfin, il est possible de répondre au hasard…

Le service SAQ, présenté lors du webinar, propose d’évaluer des QCM déjà rédigées dans la plate-forme Moodle, selon 7 critères:

  • le brassage des réponses: dans un questionnaire de plusieurs questions, les réponses correctes ne devraient pas être situées toujours en même position;
  • le nombre de réponses proposées: plus il y a de réponses possibles, plus il est difficile de répondre correctement au hasard;
  • le nombre de bonnes réponses: l’idéal est de ne proposer qu’une seule bonne réponse possible pour éviter les réponses au hasard;
  • la forme positive des intitulés: les doubles négations sont en particulier à proscrire dans la formulation des questions pour que celles-ci restent claires et lisibles;
  • la compréhension des choix de réponses: les réponses doivent normalement être formulées de façon compréhensible, donc en évitant les « jamais », « toujours », « parfois », etc. qui sont souvent sujets à interprétations;
  • l’homogénéité des choix de réponses: les réponses proposées doivent être toutes plausibles et plus ou moins de même longueur. Idéalement, les distracteurs devraient renseigner l’enseignant-e à propos de l’erreur de l’étudiant-e;
  • la longueur des réponses: pas trop longue pour qu’elles restent compréhensibles.

L’avantage de ce service est évidemment de faire cette évaluation de façon automatique et de renvoyer un feedback à l’enseignant-e.

Dans ma présentation de dias ci-dessus, on trouvera d’autres conseils de rédaction, notamment celui d’utiliser dans la formulation de ses questions des termes comme « …parce que… », « …à condition que… », « …est différent de… », etc. (dia 16) ainsi qu’une réflexion sur les systèmes de cotation des QCM, qui bien souvent, ne tiennent pas compte des réelles probabilités de répondre au hasard. A la fin, plusieurs liens vers d’autres services en ligne et des logiciels sont proposés. Pour les personnes intéressées par cette méthode d’évaluation en ligne, le site sequane.com propose par exemple de très nombreuses ressources.

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En lien avec une de mes notes précédentes sur le portfolio électronique, je voudrais signaler l’initiative de eduhub.ch (the Swiss e-learning community) qui organise prochainement une web conference sur le sujet. Elle aura lieu le 28 mai 2009 de 11h à 12h. Un extrait de l’annonce:

Du simple outil de documentation mettant en valeur des travaux significatifs au dispositif stimulant une réflexion individuelle sur l’acquisition de connaissances et de compétences, le ePortfolio peut être défini comme un outil destiné à soutenir la réflexion métacognitive, la régulation du processus d’apprentissage et la pensée critique.

Les oratrices seront deux de mes collègues de l’UNIL qui sont (entre beaucoup d’autres choses) en train de réfléchir aux usages possibles de e-portfolios à la faculté de Lettres. Elles testent dans ce cadre l’outil Mahara, une plate-forme Open Source de gestion de e-portfolios. Je me suis inscrit à cette conférence et vous en dirai plus par la suite. Pour s’inscrire, un formulaire est à disposition sur le site de l’événement.

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La vitrine Technologie-EducationLe dernier numéro de la série des podcasts de la vitrine Technologie-Éducation est consacré au portfolio numérique. Il fait suite à un de leurs premiers numéros d’octobre 2007 consacré aussi à ce sujet. En même temps, cela entre dans la thématique de réflexion engagée par certain-e-s de mes collègues à propos de l’approche par compétences et de la notion d’employabilité.

Alors de quoi s’agit-il? Un portfolio est une collection de travaux d’un-e étudiant-e qui montre à la fois les accomplissements réalisés (des travaux finis) et une réflexion à propos du chemin parcouru pour réaliser ces travaux. L’intérêt d’une telle collection est multiple:

  • un-e étudiant-e désire montrer non seulement les cours qu’il/elle a suivi dans son cursus mais aussi mettre en valeur les compétences qu’il/elle a acquise en suivant ces cours. En effet, les cours ne se limitent pas qu’à des contenus étudiés; ils permettent aussi de développer des compétences parfois peu explicites mais qui sont davantage valorisées sur le marché de l’emploi que les contenus stricts: capacité à travailler en équipe, capacité d’analyse et de synthèse, capacités à communiquer par écrit et oralement, etc.
  • un-e étudiant-e qui change de programme peut montrer à ses enseignant-e-s ou à l’équipe de direction du programme ce qu’il/elle a déjà accompli auparavant.
  • un-e étudiant-e qui finit ses études peut montrer à de futurs employeurs non seulement sa maîtrise des contenus de cours qu’il/elle a suivis mais aussi ses compétences transversales comme celles citées plus haut.
  • un-e enseignant-e qui a accès au portfolio de ses étudiant-e-s peut apprécier les travaux finis mais aussi les parcours d’apprentissage, c’est-à-dire les progrès accomplis sur une certaine période.
  • en début d’année, un-e enseignant-e peut prendre connaissance des travaux accomplis par ses nouveaux et nouvelles étudiant-e-s et se faire ainsi une idée de ce qui est déjà acquis, de ce qui serait à développer et des intérêts particuliers.
  • pour un-e adulte qui voudrait réorienter sa carrière ou qui voudrait se remettre aux études, le portfolio peut être un bon outil pour approcher de nouveaux employeurs ou pour aménager un programme de cours.
  • pour les étudiant-e-s étranger-ère-s, le portfolio peut donner de bonnes indications de l’évolution de leurs compétences langagières par exemple ou des compétences qu’ils/elles ont acquises dans leur pays, dans une autre culture et en suivant d’autres programmes.

Typiquement, un portfolio contient trois sections:

  1. le portfolio d’apprentissage qui regroupe des tâches en cours de réalisation: cela peut consister en différentes versions d’un travail (écrit, oral enregistré ou vidéo) qui peuvent être commentées par l’étudiant-e. Cela peut permettre aux enseignant-e-s de juger de progrès accomplis ou de voir comment l’étudiant-e résout des problèmes.
  2. le portfolio de présentation qui regroupe des travaux terminés qui peuvent être l’objet d’une évaluation sommative ou certificative ou être présentés à un employeur.
  3. le portfolio d’évaluation qui témoigne des interactions entre un-e enseignant-e et un-e étudiant-e. Il regroupe les feedbacks des enseignant-e-s mais aussi les certificats, diplômes et résultats d’évaluation.

En pratique, ces trois sections devraient être interconnectées.

L’intérêt de réaliser un portfolio numérique plutôt que papier me paraît assez évident: la communication entre enseignant-e et étudiant-e peut ainsi se faire de façon continue et asynchrone. Il peut aussi être enrichi et consulté en continu. Un certain nombre de portfolios électroniques existe mais je n’en cite qu’un ici, parce qu’il a été conçu comme un outil Open Source et qu’il est disponible en plusieurs langues (actuellement anglais, français, catalan et espagnol): http://www.edu-portfolio.org/. D’autres outils sont accessibles via les ressources que j’ai listées ci-dessous. Un exemple? Voyez par exemple le portfolio d’une conseillère pédagogique de l’Université de Montréal. Il y a d’autres exemples qui peuvent être visités et qui donnent une idée assez intéressante de différents usages possibles, notamment par des étudiant-e-s de l’enseignement supérieur.

Quelques questions cependant qu’il me semble important de garder à l’esprit par rapport à l’usage du portfolio électronique:

  • la confidentialité des documents: tout ne doit probablement pas être public. Il doit être assez important à mon avis d’expliquer aux étudiant-e-s que certains documents ne devraient être accessibles qu’à leurs enseignant-e-s, notamment le contenu du portfolio d’apprentissage.
  • la portabilité: est-ce que l’ensemble des documents et textes que je produis dans un portfolio électronique sont exportables vers un autre environnement de travail? En d’autres mots, l’outil choisi respecte-t-il des formats standards de documents? A mon avis, il vaut mieux s’en assurer avant de choisir son outil.

Et une question « bonus »: est-ce qu’un blog peut être considéré comme un portfolio numérique? Mmmh… moi je trouve que oui 🙂 bien que ne sont finalement présentes que les dimensions d’apprentissage et de présentation du portfolio. Personnellement, j’aime surtout le côté dynamique du blog: pas besoin d’y mettre des gros documents statiques, c’est un flux continu dans lequel il est tout de même possible de rechercher de l’information via les catégories, les mots-clés ou la fenêtre de recherche. En plus d’être mon portfolio, ce blog est aussi ma banque de ressources 🙂

Voici encore quelques ressources d’ailleurs:

  • le dossier d’educa.ch consacré au eportfolio.
  • le dossier du bulletin CLIC québécois.
  • une ressource en allemand (définition, processus d’élaboration et autres liens en anglais et allemand): Was sind E-Portfolios?
  • Enfin, un article décrivant un usage de portfolios avec des étudiant-e-s futur-e-s enseignant-e-s dont le but est d’accompagner les changements de représentation par rapport à l’enseignement et la réflexion sur la profession: Vanhulle, S. (2005). Favoriser l’émergence du « je » professionnel en formation initiale : une étude de cas. Revue des sciences de l’Education, 31(1), 157-176. http://id.erudit.org/iderudit/012362ar.

Dans une prochaine note, j’esssaierai de faire un lien entre le portfolio et les notions d’employabilité et d’approche par compétences.

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