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Archive for the ‘Événements’ Category

En avril dernier, j’annonçais le lancement d’une enquête à propos des conseiller/ère·s pédagogiques de l’enseignement supérieur francophone. C’est le fruit d’une collaboration avec trois collègues françaises (Aude Pichon, Université de Nantes, Maëlle Crosse, Université de La Rochelle et Pascaline Delalande, Université de Rennes 1) dans le cadre de l’Association des Collaborateurs Pédagogiques (ACoPé – http://www.acope-asso.fr/blog/).

Nous avons pu présenter les premiers résultats de cette enquête lors du dernier colloque de l’Association Internationale de Pédagogie Universitaire (AIPU) qui s’est tenu à Lausanne du 6 au 9 juin 2016. Les dias de notre présentation sont disponibles ci-dessous.

Outre la description de l’échantillon, nous avons présenté plusieurs de nos analyses:

  • Quasiment les trois-quarts de nos répondant·e·s ont été enseignant·e·s avant de devenir conseiller/ère·s pédagogiques et beaucoup le sont encore. Cela répond d’une certaine manière à une critique que l’on entend parfois selon laquelle les conseiller/ère·s ne seraient pas des enseignant·e·s et manqueraient de légitimité pour les accompagner.
  • Un quart de notre échantillon dispose d’un diplôme de doctorat en Sciences de l’Education ou dans une autre discipline. Par rapport aux pays anglo-saxons, c’est relativement peu comme en témoigne la recherche de Green & Little (2016).
  • Un peu plus d’un tiers de notre échantillon n’a pas suivi de formation en pédagogie de l’enseignement supérieur. Cela peut poser question… mais cela nous encourage à réfléchir à l’opportunité de développer des initiatives de formation pour les conseiller/ère·s.
  • De façon générale, les conseiller/ère·s, pour développer leurs compétences, participent à des colloques et des séminaires, font de la veille documentaire, suivent des formations courtes en pédagogie de l’enseignement supérieur et s’impliquent dans des réseaux de conseiller/ère·s. Ils/elles se forment relativement peu par la recherche ou par l’analyse de leurs pratiques (alors que la recherche constitue le thème de développement futur qui les intéresse le plus).
  • Les trois enjeux actuels les plus importants dans le service dans lequel ils/elles travaillent sont: 1. Le changement de rôle des enseignant·e·s; 2. Le développement de l’innovation pédagogique; 3. Le leadership pédagogique des « cadres » institutionnels (doyen·ne·s, responsables de services, etc.).
  • Les trois attitudes professionnelles qu’ils/elles valorisent le plus sont: 1. La co-construction avec les enseignant·e·s; 2. L’écoute active; 3. L’adaptation et la flexibilité.

Une conclusion provisoire que nous inspire nos résultats est la suivante. On remarque une grande diversité dans les profils des répondant·e·s à notre questionnaire (parcours antérieurs, formation initiale, structure dans laquelle ils/elles travaillent, etc.). Pourtant, il y a une certaine convergence dans la définition de l’identité professionnelle des conseiller/ère·s. Cela transparaît dans la description des missions, dans l’identification des compétences nécessaires ou des attitudes professionnelles à valoriser. La perspective que nous proposons par rapport à ce constat est que l’identité professionnelle collective qui est en construction gagnerait à être soutenue par l’organisation de formations formelles spécifiques pour les conseiller/ère·s pédagogiques.

Cette recherche est en cours. La prochaine étape sera d’organiser des focus groups avec les répondant·e·s volontaires pour approfondir les informations collectées via le questionnaire.

Green, D. A., & Little, D. (2016). Family portrait: a profile of educational developers around the world. International Journal for Academic Development, 21(2), 135‑150. http://doi.org/10.1080/1360144X.2015.1046875
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COPESUP_CV_200X300Le 27 mai dernier, l’ouvrage « Comment développer le conseil pédagogique dans l’enseignement supérieur? » est sorti aux Editions DeBoeck. J’ai eu le grand plaisir de coordonner cette édition avec mon collègue Emmanuel Sylvestre. 34 autres contributeurs et contributrices ont participé à l’écriture des 17 chapitres organisés en 4 grandes parties: Conseiller, Former, Evaluer et Développer ses compétences et ses activités.

Voici le 4ème de couverture:

La formation et le conseil pédagogique pour l’enseignement supérieur se développent dans les universités francophones depuis une quarantaine d’années. Les conseillers pédagogiques sont les artisans de ce développement et contribuent activement à l’évolution de la qualité des formations supérieures. Très peu d’ouvrages et de travaux de recherche en français sont consacrés à ce métier essentiel, dans un contexte de changement important touchant l’enseignement supérieur : réformes organisationnelles, exigences de qualité des formations, massification du nombre d’étudiants, etc.

Comment développer le conseil pédagogique dans l’enseignement supérieur? est co-écrit par plus de trente conseillers pédagogiques de Suisse, de France, de Belgique et du Québec. Il s’adresse aux conseillers pédagogiques de l’enseignement supérieur, qu’ils soient novices ou expérimentés, et leur propose des cadres d’analyse et des outils pratiques pour mener à bien leurs trois principales missions : conseiller, former et évaluer. Une partie du livre est également consacrée à la formation et au développement professionnel des conseillers pédagogiques: comment s’initier au métier, comment analyser et évaluer la portée de ses actions, comment concevoir et mener une politique de développement et de valorisation de l’enseignement au sein d’un établissement d’enseignement supérieur.

Cet ouvrage, le premier en français, veut contribuer au développement de la qualité de l’enseignement supérieur et à sa valorisation, en soutenant et en outillant ceux qui en sont les chevilles ouvrières : les conseillers pédagogiques.

Voici le sommaire de cet ouvrage avec les noms des auteur·e·s et des liens utiles pour connaître leurs intérêts et activités:

Nous avons eu l’occasion de présenter cet ouvrage le 7 juin dernier à l’occasion du 29ème congrès de l’Association Internationale de Pédagogie Universitaire qui s’est tenu à l’Université de Lausanne. Le thème du congrès était « Les valeurs dans l’enseignement supérieur » et nous avons intitulé notre présentation « Quelles valeurs pour le conseil pédagogique dans l’enseignement supérieur? ». Voici les dias présentées à l’occasion:

Je voudrais sincèrement remercier nos 34 collègues qui ont réalisé cette aventure avec nous! Il s’agit d’un travail qui s’est étendu sur deux années! Merci pour leur patience et leur collaboration de grande qualité!

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Voulez-vous participer à une étude à propos des conseiller/ère·s pédagogiques ?

Je travaille actuellement en collaboration avec l’excellente Association des Collaborateurs Pédagogiques (ACoPé – http://www.acope-asso.fr/blog/) qui réunit des conseiller/ère·s et ingénieur·e·s pédagogiques, essentiellement de l’Ouest de la France, pour échanger et partager leurs pratiques. Avec Aude Pichon (Université de Nantes), Maëlle Crosse (Université de La Rochelle) et Pascaline Delalande (Université de Rennes 1), nous avons lancé un projet de recherche visant à faire un état des lieux du conseil pédagogique dans l’enseignement supérieur francophone.

Voici le résumé de nos objectifs et de notre méthodologie. C’est le texte que nous avons soumis pour le prochain colloque de l’Association Internationale de Pédagogie Universitaire à Lausanne du 6 au 9 juin 2016 et qui a été accepté.

Un portrait de famille des conseillers pédagogiques francophones dans l’enseignement supérieur

En 2006, Sorcinelli et al. ont publié un ouvrage dans lequel elles proposaient un état des lieux général du conseil pédagogique (faculty development) dans le monde anglo-saxon, vu par les conseillers pédagogiques eux-mêmes. Cet ouvrage est intéressant pour comprendre de l’intérieur comment les conseillers pédagogiques envisagent et vivent l’exercice de leurs missions. Néanmoins, il a été publié il y a déjà une dizaine d’années et ne s’intéresse qu’au contexte nord-américain anglophone.

Dans le contexte francophone, le paysage du conseil pédagogique a beaucoup évolué ces dernières années, notamment avec le développement de nouvelles actions en lien avec les thèmes de l’évaluation de la qualité de l’enseignement, ou de l’accompagnement de l’innovation pédagogique. Il nous a paru donc judicieux de mener une étude telle que celle de Sorcinelli et ses collègues ancrée dans le monde francophone. Cette étude vise plusieurs objectifs :

  • rendre compte du parcours des conseillers pédagogiques francophones et de leur expérience ;
  • rendre compte de la diversité des structures de conseil pédagogique dans l’enseignement supérieur francophone ;
  • identifier les priorités, les objectifs, les actions, les défis et les problèmes actuels dans le contexte du conseil pédagogique francophone ;
  • identifier les pistes de développement du conseil pédagogique d’un point de vue institutionnel.

Atteindre ces objectifs permettrait d’avoir un panorama complet de ce qu’est actuellement le conseil pédagogique dans l’enseignement supérieur francophone et d’imaginer des pistes de développement afin de rencontrer les défis et problèmes identifiés. Pour les conseillers pédagogiques, cela permettrait d’envisager des pistes de formation et de développement professionnel.

Dans le cadre de notre contribution, les données, recueillies au moyen d’un questionnaire et de focus groups, seront présentées et analysées et des perspectives seront envisagées pour les conseillers pédagogiques et leurs institutions en termes de développement de leurs missions et de leurs compétences.

Green, D. A., & Little, D. (2015). Family portrait: a profile of educational developers around the world. International Journal for Academic Development, 0(0), 1–17.

Sorcinelli, M. D., Austin, A. E., Eddy, P. L., & Beach, A. L. (2006). Creating the future of faculty development. Bolton, MA: Anker Publishing Company, Inc.

Si vous êtes conseiller/ère pédagogique, que vous travaillez dans une institution francophone d’enseignement supérieur et que vous souhaitez participer à cette étude, vous pouvez remplir le questionnaire qui se trouve à cette adresse: http://www2.unil.ch/evalprog/limesurvey/index.php?sid=34789&lang=fr

Ce questionnaire, ouvert jusqu’au 25 avril 2016, vous prendra environ 20 minutes. Les réponses sont anonymes. Merci d’avance pour votre contribution!

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Depuis plus de vingt ans, le public d’étudiant-e-s des universités tend à se diversifier de plus en plus. En plus de devenir des universités « de masse » (Romainville, 2000), nos institutions d’enseignement supérieur sont confrontées à des étudiant-e-s d’origines, de culture, de religion ou de langue très diverses; leurs pré-acquis sont très variés, ainsi que leurs intérêts, leurs projets et leur motivation. La Suisse compte par exemple les trois universités les plus internationales du monde, selon le Times Higher Education. Cette diversité a des répercussions en matière d’accueil des étudiant-e-s dans nos institutions mais aussi d’un point de vue pédagogique. Comment tenir compte de cette diversité dans ses enseignements? Comment faire en sorte que tou-te-s les étudiant-e-s se sentent inclus-e-s dans la classe et aient envie de s’impliquer et de participer? Comment les motiver tou-te-s en tenant compte de leur diversité? Comment enrichir ses enseignements grâce à la diversité des étudiant-e-s?

Ces questions, nous nous les sommes posées avec un groupe d’enseignant-e-s durant cette année académique 2013-2014. Une petite communauté de pratique s’est constituée sur ce thème, à l’initiative de ma collègue Marika Fenley, chargée du projet « diversité » à l’Université de Lausanne. Le compte rendu des activités de ce groupe se trouve en ligne, avec la documentation sur le sujet.

Le compte rendu final a pris la forme d’une « boîte à outils » pour les enseignant-e-s intitulée « Increase inclusion in higher education: tips and tools for teachers » (PDF – 1,3Mo). Le texte est en anglais (une traduction est prévue pour la fin de l’été) mais voici le résumé en français:

La diversité constitue aujourd’hui une réalité et une nécessité à l’Université de Lausanne. Les enseignants, les étudiants et les équipes de recherche forment un ensemble diversifié de personnes aux formations, aux expériences, aux cultures, ou aux personnalités parfois très différentes. Cette diversité constitue à la fois une grande richesse et un grand défi.

La diversité peut constituer un terrain extrêmement fertile pour l’innovation et la créativité. Cependant, à cause de notre tendance naturelle à nous rapprocher de ce qui nous est familier, l’interaction au sein de groupes diversifiés ne se fait pas toujours naturellement et automatiquement. Afin de tirer les bénéfices d’un environnement diversifié, nous avons besoin d’apprendre à aller à la rencontre des personnes différentes de nous pour interagir avec elles. Ceci est important autant pour les enseignants que pour les étudiants.

Ce document est conçu pour soutenir les enseignants dans le développement d’un enseignement valorisant le sentiment d’inclusion et la diversité. Plus précisément, ce document est conçu comme une boîte à outils pour les enseignants, en proposant des exercices pratiques et des idées pour introduire et développer un sentiment d’inclusion dans leurs classes. Cela peut constituer une première étape dans le développement de programmes de formation respectant davantage la diversité.

La première partie de ce document propose une vue d’ensemble de ce que recouvre la notion de diversité en général et dans l’enseignement supérieur en particulier, en mettant en évidence l’intérêt du concept d’inclusion. Dans la seconde partie, nous proposons une série d’exercices et d’outils pratiques dont l’objectif est de développer le sentiment d’inclusion des étudiants autant dans les petites classes que dans les grands groupes. Nous suggérons également quelques pistes pour individualiser dans une certaine mesure l’enseignement et l’évaluation des apprentissages. En conclusion, la troisième partie identifie les éléments les plus importants à retenir pour intégrer ces idées et outils dans un enseignement et propose en outre une série de références complémentaires à propos de la diversité et de l’inclusion dans l’enseignement supérieur.

Par ailleurs, la section Suisse de l’Association Internationale de Pédagogie Universitaire organise sa première école d’été sur le thème « Diversifier son enseignement » les 19 et 20 août prochains à Saint-Maurice en Valais. Tous les renseignements utiles se trouvent sur leur site web… mais je crains qu’il ne reste plus beaucoup de place 😉

Romainville, M. (2000). L’échec dans l’université de masse. Paris: Editions L’Harmattan.

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J’ai participé à la récente conférence de l’Association Internationale de Pédagogie Universitaire (AIPU) qui s’est tenue à Mons en Belgique la semaine dernière (19-22 mai 2014). Avec trois collègues de la Haute Ecole Libre Mosane (HELMo), Sandrine Biémar, Laurence Oger et Déborah Malengrez, nous y avons proposé un symposium intitulé « Le « Scholarship of Teaching and Learning » (SoTL). Proposition d’un cadre pour l’accompagnement des enseignants par les conseillers pédagogiques« . Nous avons écrit un article pour synthétiser notre démarche et nous le proposons en lecture dans une version provisoire à cette adresse: http://tinyurl.com/sotl-helmo-unil Grâce aux remarques et questions des participant-e-s au symposium, nous améliorerons ce texte dans les prochaines semaines.

Je propose ici l’introduction de l’article:

Le Scholarship of Teaching and Learning (SoTL) est apparu au début des années 90 dans la littérature en pédagogie universitaire (Cranton, 2011). Il consiste en un processus de développement de l’expertise des enseignants de l’enseignement supérieur en matière d’enseignement et à propos de l’apprentissage des étudiants. Brew (2011) cite quelques exemples d’activités menées par des enseignants dans le cadre de cette démarche : la conduite de recherches à propos des apprentissages des étudiants, la participation à des prix d’excellence en enseignement ou la présentation de travaux de recherche dans des journaux spécialisés ou des colloques.

Pour les enseignants, entrer dans une démarche SoTL consiste à se poser l’une ou l’autre des questions suivantes :

  • Quelles sont les pratiques pédagogiques qui soutiennent efficacement l’apprentissage des étudiants ?
  • Qu’est-ce que l’expérience d’apprentissage des étudiants dans l’enseignement supérieur ?
  • Quelles sont les pratiques d’enseignement possibles (avec ou sans usages de technologies) dans un contexte propre à chaque programme de formation ? Pourquoi ?
  • Quelles sont mes compétences en enseignement ? Comment les développer ?

Bélanger (2010) présente plusieurs caractéristiques du SoTL en considérant que celui-ci participe au développement professionnel des enseignants de l’enseignement supérieur :

  • Il encourage chez les enseignants l’analyse réflexive de leur pratique pour le développement de leur action avec les étudiants ;
  • Il favorise l’esprit d’investigation à propos de sa pratique d’enseignement ;
  • Il encourage l’utilisation de la recherche en pédagogie ;
  • Il promeut le partage de pratiques d’enseignement entre collègues et donc, leur formalisation.

Comme le soulignent plusieurs auteurs (Bélanger, 2010 ; Brew, 2011 ; Langevin, 2007), pour que les enseignants du supérieur développent ces compétences réflexives à propos de leur mission d’enseignement, leur accompagnement par des conseillers pédagogiques est souvent important, soit pour susciter une réflexion, pour identifier une problématique pédagogique, pour mener une enquête à propos de leurs pratiques d’enseignement ou pour communiquer les résultats de leurs réflexions.

Dans ce texte, nous présentons tout d’abord les principales caractéristiques du SoTL au travers de la littérature dans le domaine en les illustrant avec des exemples d’initiatives prises dans nos institutions respectives. Nous proposons notamment un modèle général qui décrit les étapes et les processus du SoTL vécu par des enseignants de l’enseignement supérieur, ainsi qu’une réflexion sur les différentes postures de ces enseignants au regard de leur pratique et du développement de leur expertise en matière d’enseignement et d’apprentissage dans le supérieur. Dans la perspective d’amorcer une réflexion sur les pratiques d’accompagnement pédagogique dans l’enseignement supérieur, quelques cas d’accompagnement sont décrits. Ils tentent de caractériser différents types d’accompagnement du SoTL par des conseillers pédagogiques. Nous concluons ce texte en dégageant quelques pistes d’actions, autant pour les conseillers pédagogiques que pour leurs institutions en matière de soutien au processus “SoTL”.

Les dias de présentation du symposium sont visibles ci-dessous:

D’autres ressources sur le SoTL sont rassemblées ici.

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Etre capable de lire, de décrire et d’interpréter un graphique statistique constitue une compétence importante dans pratiquement toutes les disciplines enseignées dans l’enseignement supérieur. Or si les cours de statistiques se focalisent sur la manipulation de données et la production de tableaux et graphiques par les étudiant-e-s, ils insistent moins sur la lecture, la description et l’interprétation de ces données présentées sous des formes diverses, dont des graphiques. C’est en tout cas le constat posé par un enseignant en sciences criminelles de l’Université de Lausanne, Daniel Fink. Il a donc obtenu un financement du Fonds d’Innovation Pédagogique de l’université pour lancer le projet Decrigraph en 2013 dont les objectifs étaient d’améliorer les compétences de lecture (rapide) de graphiques des étudiant-e-s et de développer leurs aptitudes de description (dense) du contenu de graphiques. A la fin du projet, il a organisé une journée d’étude sur les graphiques et leur description en criminologie (le 15 novembre 2013) à laquelle j’ai assisté.

Mais d’abord, qu’entend-on par « compétence de littératie graphique », puisque c’est ce dont il est question ici? On considère le plus souvent que cette compétence recouvre quatre aspects: 1) la sensibilité aux données statistiques, 2) la compréhension des concepts statistiques liés aux graphiques (moyennes, médianes, etc.), 3) l’analyse, interprétation et l’évaluation de l’information statistique et 4) la communication des graphiques à différents publics (scientifique, politique, estudiantin, grand public, etc.).

Pour enseigner cette compétence aux étudiant-e-s, de nombreuses ressources pédagogiques existent. Par exemple:

  • L’exercice présenté sur cette page est assez classique. Un graphique est proposé et il est demandé aux étudiant-e-s de le décrire en 150 mots sans donner leur opinion. Des pistes sont données ensuite pour effectuer une auto-correction.
  • Les petits jeux présentés sur cette page et destinés à des élèves de secondaire aident à se familiariser avec la lecture de données dans un graphique ou un tableau. Les questions posées sont très simples mais on peut aisément imaginer des questions plus complexes (dans tel tableau, quelles sont les chiffres les plus significatifs et pourquoi? quels sont les chiffres qui montrent une rupture dans le temps? etc.) ou demander aux étudiant-e-s de poser des hypothèses explicatives, voire de comparer des graphiques entre eux.
  • L’Université de Leicester propose aux étudiant-e-s une ressource très intéressante pour apprendre à présenter des données numériques. Les enseignant-e-s peuvent bien sûr s’en inspirer pour proposer des activités de lecture et d’interprétation de graphiques avec leurs étudiant-e-s.
  • L’Open University propose aussi à ses étudiant-e-s un « toolkit » pour travailler avec des tableaux et des graphiques (PDF – 1,2Mo) avec des exercices pratiques.

J’ai rassemblé d’autres ressources ici.

On verra que toutes ces ressources sont centrées sur l’apprentissage individuel des étudiant-e-s. L’originalité du projet Decrigraph a été d’organiser l’enseignement autour de discussions en petits groupes d’étudiant-e-s. Voici un extrait du descriptif du projet à ce sujet:

Cet apprentissage se fera au départ par un travail de groupe à trois qui consiste à réaliser une analyse du contenu d’un graphique (p.ex. le taux de criminalité en Suisse, la part des peines privatives de liberté), à confronter les divers points de vue et à négocier l’information la plus importante devant être retenue au sujet d’un graphique. Le groupe doit ensuite restituer cette information pour une catégorie déterminée de lectrices ou lecteurs (spécialistes, journalistes, grand public…) en rédigeant un descriptif avec un maximum de 4 à 5 phrases. Ce travail est toujours réalisé sous une certaine contrainte de temps. Toutes les propositions sont ensuite soumises à la critique en plénum tout en débattant des critères permettant de juger de la qualité des descriptions. Sur la base de cette expérience réalisée en commun, les étudiant·e·s sont ensuite amené·e·s à retravailler, en groupe d’abord, seul·e·s par la suite, le descriptif d’un graphique similaire contenant cependant d’autres données (p.ex. les données des cantons, sur d’autres infractions ou d’autres années). De manière à expérimenter la valeur évocatrice et compréhensible de ces descriptions, on demandera aux étudiant-e-s de les présenter oralement aux autres participant-e-s du cours, à l’aide d’un graphique projeté ou sur papier.

Concrètement, à chaque séance du cours, l’enseignant présentait un exemple de description de graphique. Les étudiant-e-s étaient ensuite invité-e-s à travailler en groupe de 3 ou 4 (entre 40 et 50 étudiant-e-s en tout en Master de Sciences criminelles) sur un graphique ou un tableau statistique qui leur était soumis. Les groupes avaient alors 2 jours pour envoyer la description écrite du graphique ou tableau par courrier électronique à l’enseignant. Celui-ci compilait les réponses, donnait un feed-back général à la séance suivante et une discussion s’ensuivait.

Dans les consignes de travail, les étudiant-e-s étaient invité-e-s à décrire les graphiques en suivant 6 étapes (qui s’inspirent de ce document de J. Groves, 2009 – PDF-103Ko, des exemples sont repris dans ce document):

  1. Introduction: présenter en une phrase le sujet dont traite le graphique;
  2. Information principale: décrire en une phrase l’information principale présentée par le graphique, le résultat le plus marquant ou la tendance principale;
  3. Informations secondaires: décrire en une phrase chaque partie ou tendance du graphique sans utiliser de donnée numérique;
  4. Corps de texte: détailler les informations secondaires avec quelques chiffres (1 à 3 phrases);
  5. Conclusion: présenter en d’autres mots les tendances principales en les replaçant dans un contexte plus large;
  6. Titre: quelques mots pour attirer l’attention qui résument l’ensemble du graphique.

Lors de la journée du 15 novembre, plusieurs idées intéressantes ont été émises pour enseigner la littératie graphique aux étudiant-e-s mais aussi plus largement les statistiques dans leur ensemble:

  • Faire produire et traiter des données par les étudiant-e-s eux/elles-mêmes, par exemple en menant un sondage sur un sujet, en récupérant des données d’archive ou en faisant passer un questionnaire;
  • Faire critiquer par les étudiant-e-s des graphiques et des tableaux trouvés dans les médias (voir à ce sujet les très intéressantes publications de l’association Pénombre en France);
  • Faire utiliser aux étudiant-e-s des données et des graphiques existant, par exemple sur les sites nationaux de statistiques (par exemple l’Office Fédéral de la Statistique ou l’Atlas de l’Etat en Suisse);
  • Initier les étudiant-e-s à l’usage de bases de données avec des outils informatiques, comme des cartes interactives ou des cubes statistiques.

Voici donc quelques pistes pour développer la littératie graphique des étudiant-e-s. D’autres compétences de ce type auraient certainement avantage à être traitées de la sorte dans l’enseignement supérieur. Je pense notamment à la résolution de problèmes, à la présentation orale ou à la rédaction de rapports de synthèse… toutes des compétences nécessaires pour réussir ses études mais qui ne sont pas enseignées explicitement…

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« Questions de Pédagogies dans l’Enseignement Supérieur« , 7ème du nom, est un colloque bisannuel qui existe depuis 2001 et auquel je vais participer pour la première fois. Cette année, ce sera la semaine prochaine, du 2 au 5 juin à l’Université de Sherbrooke au Québec. Le thème est « Les innovations pédagogiques en enseignement supérieur: pédagogies actives en présentiel et à distance ». Je me réjouis d’expérimenter ce colloque qui présente plusieurs particularités intéressantes. Tout  est fait pour que les discussions entre praticien-ne-s et chercheur-euse-s soient enrichissantes. Chaque session dure 1h30 pour trois présentations. Chaque présentateur-trice parle pendant 10 minutes seulement puis il reste 1 heure pour la discussion préparée par le/la modérateur-trice. Cela demande une préparation particulière: pas trop de dias de présentation et réflexion à l’avance sur les questions proposées par le/la modérateur-trice.

Une des deux présentations que j’y ferai s’intitule « Une question de temps: apprentissage par problèmes dans un cours de police scientifique » (PDF – 181Ko). C’est un texte qui fait le bilan d’un projet d’un an financé par le Fonds d’Innovation Pédagogique de l’Université de Lausanne et mené par Céline Weyermann, professeure à l’Institut de Police Scientifique avec Cyril Muehlethaler, Romain Voisard et moi-même. Le but de ce projet était d’introduire des apprentissages par problèmes dans un cours de Master en police scientifique intitulé « Datation et Chronologie ». Voici quelques extraits de l’introduction:

Le domaine forensique a bénéficié ces dernières années d’une expansion importante résultant en un programme de cours de plus en plus chargé. C’est ainsi, que récemment un nouveau cours lié à une approche plus systématique des aspects temporels en science forensique a été introduit dans le cursus des étudiants de Master [Weyermann et Ribaux, 2012]. Leur programme étant déjà suffisamment chargé, ce cours n’a pas pour but d’introduire de matière supplémentaire mais, en se basant sur les notions acquises précédemment, de permettre aux étudiants de considérer et intégrer les aspects temporels dans la résolution de cas pratiques. Le cours intègre donc une partie interactive importante afin de faciliter l’apprentissage des étudiants et de leur permettre de développer leurs compétences de réflexion dans les situations réelles qu’ils retrouveront plus tard dans leur vie professionnelle. L’introduction de l’apprentissage par résolution de problèmes (APP) soulève plusieurs questions pédagogiques [Moskovitz, 1992], notamment le fait de disposer d’un nombre de problèmes suffisants et de les adapter aux objectifs d’apprentissage. Il faut également considérer l’encadrement des groupes d’étudiants et la formation spécifique des personnes qui les encadrent [Savin-Baden et Howell Major, 2004]. Ainsi cette nouvelle approche dans ce cours visait les objectifs suivants :

  1. Soumettre aux étudiants du matériel stimulant la discussion de problèmes importants dans le domaine :
  2. Proposer des problèmes provenant de situations forensiques réelles ;
  3. Guider les étudiants dans une réflexion critique en leur fournissant peu de ressources afin de les amener à la résolution de problèmes par eux-mêmes ;
  4. Amener les étudiants à travailler en collaboration dans des petits groupes de 3-4 personnes ;
  5. Stimuler les étudiants à identifier leur besoin en apprentissage et ressource ;
  6. Amener les étudiants à utiliser les connaissances acquises dans la résolution de nouveaux problèmes et identifier de nouveaux problèmes ;
  7. Apprendre une nouvelle approche pédagogique à l’enseignante.

Pour évaluer ce projet, nous avons analysé plusieurs points de vue: celui des collègues de l’institut qui ont participé à la conception des problèmes, celui des étudiant-e-s via des questionnaires et un focus group, celui du conseiller pédagogique qui est venu en observation en classe et celui de l’enseignante qui a tenu un carnet de bord. C’est cette évaluation que je présenterai au colloque.

L’intérêt d’un tel travail est de soutenir et valoriser les projets pédagogiques des enseignant-e-s. C’est ce que nous appelons le « scholarship of teaching and learning » ou SoTL (j’en ai déjà parlé à plusieurs reprises sur ce blog). A ce propos, je trouve l’objectif 7 ci-dessus particulièrement intéressant. La professeure l’avait inscrit d’emblée dans le projet comme un objectif personnel. Le carnet de bord qu’elle a tenu pendant le semestre qu’a duré son cours a permis de suivre l’évolution de ses réflexions sur le projet.

Tous les actes des précédents colloques sont consultables en ligne.

Weyermann, C., Daele, A., Muehlethaler, C. & Voisard, R. (2013). Une question de temps : apprentissage par problèmes dans un cours de police scientifique. Actes du VIIè colloque Questions de Pédagogie dans l’Enseignement Supérieur, Sherbrooke, Québec, 3-5 juin 2013.

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« BSQF » sont les initiales de « Belgique, Suisse, Québec, France » et désignent la communauté des conseiller-ère-s pédagogiques francophones exerçant dans ces quatre pays. Depuis 2001, toutes les années et demi environ, nous nous réunissons pour parler de nos pratiques, de conseil et de formation pédagogiques, d’évaluation des enseignements et de pédagogie universitaire en général.

Cette année aura lieu le 7ème BSQF et cela se passera en Suisse, à Leysin (VD), du 10 au 14 octobre. Le thème sera « Quelle est la portée de nos actions de conseillers et conseillères pédagogiques? ». Le site web de l’événement vient d’être lancé à cette adresse: http://bsqf2011.univ-lyon1.fr/. Toute l’organisation y est détaillée.

Les pré-inscriptions sont ouvertes jusqu’au 31 mars, et cette année, la nouveauté est que le BSQF s’élargit un peu en réservant quelques places pour des conseiller-ère-s pédagogiques qui exercent leur métier ailleurs que dans les B, S, Q ou F…

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J’avais annoncé il y a quelques temps le colloque « Les inégalités dans l’enseignement supérieur et la recherche » qui s’est tenu à l’Université de Lausanne en juin dernier. Les actes sont à présent publiés sur le site du RESUP – Réseau d’Etude sur l’Enseignement Supérieur. Plusieurs thématiques et problématiques étaient abordées dans ce colloque telles que les inégalités d’accès et de succès des étudiant-e-s dans l’enseignement supérieur, les inégalités dans les carrières académiques, les inégalités entre établissements universitaires et d’enseignement supérieur ou entre régions ou pays, et les inégalités de genre au regard des carrières académiques.

Parmi les nombreuses communications, je voudrais en présenter plus particulièrement deux qui ont attiré mon attention:

  • Sonia Lefeuvre « Retour sur une définition: la réussite des études » (Tome 2 des actes, p. 174);
  • Farinaz Fassa et Sabine Kradolfer « La construction d’égalité au risque de la reproduction des inégalités » (Tome 5 des actes, p. 119).

Dans le premier article, l’auteure invite à une réflexion sur le concept de « réussite ». Si a priori « réussir ses études » signifie simplement « obtenir les notes nécessaires pour se voir délivrer un diplôme », la question mérite tout de même d’être posée du point de vue des représentations des étudiant-e-s. Par exemple, il est possible de réussir avec de très bonnes notes ou avec des notes moyennes et si certain-e-s étudiant-e-s se contentent juste d’obtenir leur diplôme, d’autres veulent à tout prix avoir en plus les meilleures notes. De même, réussir à l’université ne veut pas dire nécessairement « trouver un emploi » ou « s’inscrire au doctorat » après un Master. Le sentiment de réussite peut ainsi  être dévalué par la difficulté de trouver un emploi. De même, réussir pour un-e étudiant-e ne signifie pas la même chose pour un-e autre étudiant-e ou pour son entourage. D’après l’enquête menée en France par Sonia Lefeuvre, pour beaucoup d’étudiant-e-s, réussir à l’université, c’est presque automatiquement aussi réussir à trouver un bon travail (intéressant et bien rémunéré). Or dans les faits, les étudiant-e-s interviewé-e-s pour cette recherche, une fois sur le marché du travail, se sentent un peu déçu-e-s; soit parce que leur emploi ne correspond pas au niveau qu’ils/elles auraient pu espérer au regard de leur niveau d’étude, soit qu’ils/elles n’ont pas de stabilité d’emploi. L’optimisme qui était le leur à la fin de leurs études a tendance à se muer en réalisme désillusionné deux ans plus tard. Deux facteurs peuvent expliquer l’optimisme des étudiant-e-s une fois leur diplôme en poche. D’une part, il semble que nombre d’enseignant-e-s universitaires ont un discours un peu trop optimiste vis-à-vis de leurs étudiant-e-s à propos des débouchés professionnels. D’autre part, l’attente des familles vis-à-vis des étudiant-e-s qui « font l’université » fait peser un poids un peu lourd sur leurs épaules.

De mon point de vue de conseiller pédagogique, il me semble qu’une clé possible face à ces situations est de réfléchir aux cours universitaires en termes d’employabilité. Non pas qu’il s’agisse de concevoir des formations qui soient au service de futur-e-s employeur-euse-s mais plutôt de rendre claires les compétences visées par les enseignements. J’ai déjà parlé à plusieurs reprises de cette notion d’employabilité en mentionnant le fait que certain-e-s étudiant-e-s, pour se présenter à des employeur-euse-s, ne mentionnent qu’une liste de cours qu’ils/elles ont suivis alors qu’ils/elles devraient plutôt mettre en valeur les compétences que ces cours leur ont permis de développer comme par exemple l’esprit de synthèse, l’autonomie, la communication écrite et orale, les capacités d’analyse, la résolution de problèmes, la conception de projets, etc.

Dans le second article, les chercheuses proposent une évaluation des programmes universitaires suisses portant sur les inégalités d’accès des hommes et des femmes aux carrières académiques. Elles constatent une forme de paradoxe dans ces programmes. D’un côté, de nombreuses actions (au niveau fédéral ou local) sont mises en place comme la création de services d’accueil pour les enfants, les supports à la réalisation de projets de recherche, la création de Bureaux de l’Égalité dans les universités, etc. Ces actions ont conduit au doublement du nombre de femmes occupant des postes académiques entre 1998 et 2006. Mais d’un autre côté, elles mentionnent les conclusions d’une recherche qu’elles ont menée entre 2006 et 2008 à l’Université de Lausanne:

Nos conclusions montrent que la vision des carrières féminines rattache celles-ci au corps des femmes et notamment à la maternité (qu’elle soit réelle ou potentielle) et qu’elle renvoie inexorablement les femmes à leur nature biologique et à une assignation prioritaire au travail de reproduction et de soin. Ce phénomène s’inscrit parallèlement dans une vision de la carrière académique répondant à l’idéal-type du savant wébérien, soit un homme jeune, libéré de toute tâche non professionnelle et totalement dévoué à ses recherches. (p. 120)

Et le plus paradoxal, selon ces chercheuses, c’est que ces représentations de la carrière des femmes à l’université émergent des programmes et des actions ayant pour objectif de favoriser les carrières académiques féminines. Tout se passe comme si l’égalité des genres pouvait se résumer à une égalité mathématique (50% d’hommes et 50% de femmes) sans remettre en cause le modèle normatif de la carrière universitaire. Cela est en partie dû, selon les chercheuses, au fait que les actions pour l’égalité s’adressent aux femmes de façon individuelle alors que des changements plus organisationnels ou structurels seraient nécessaires. Par exemple, le fait de créer des crèches universitaires en mettant en avant le fait que ces structures permettent de répondre aux besoins des mères « révèle bien qu’une certaine vision de la famille et du couple perdure, vision qui renvoie encore et toujours les femmes à la sphère privée (même dans les programmes de soutien aux académiciennes) et les hommes au domaine public » (p.124). La plupart des actions sont ainsi conçues autour d’idées de « rattrapage », de la nécessité pour les femmes de combler un « retard » ou de « concilier » vie privée et vie professionnelle. D’une certaine manière, il n’y a pas vraiment donc de remise en cause du modèle qui renvoie les femmes à leurs rôles de mère et d’épouse alors que cette question ne se pose même pas quand on considère la carrière des hommes.

Pour déconstruire progressivement les représentations actuelles de la carrière académique, Farinaz Fassa et Sabine Kradolfer proposent notamment de « construire de l’égalité » en mettant en place des mesures de compensation dans les carrières pour tenir compte des maternités, par exemple en assouplissant les limites d’âge ou le nombre de publications nécessaires. Mais plus fondamentalement, les auteures proposent un changement de paradigme dans les normes et les critères d’accès à la carrière académique en questionnant directement les identités et la différenciation actuelles des genres.

De mon point de vue de conseiller pédagogique, je me dis que ce changement de paradigme peut passer par une sensibilisation des enseignant-e-s universitaires aux questions de genre dans les enseignements. Il y a certainement de petites choses à entreprendre dans les cours, comme je le mentionnais au début de ce mois.

Pour finir, les actes de ce colloque sont à explorer car ils sont très riches. Mais je regrette un peu que la perspective soit surtout sociologique et finalement peu pédagogique alors que le réseau RESUP qui organisait le colloque essaie justement de mettre en avant les aspects multi-disciplinaires de la recherche sur l’enseignement supérieur.

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Cet article fait suite à un article précédent intitulé « Mon cours est-il épicène?« . Le 6 octobre dernier, la Fédération des associations d’étudiant-e-s de l’Université de Lausanne (FAE) a organisé une journée de l’égalité avec plusieurs actions. La journée s’est clôturée par un mini-colloque où trois intervenant-e-s ont présenté des recherches à propos de cette thématique. Voici un bref résumé des quelques notes que j’ai prises.

La perception de ce que l’université peut apporter comme compétences pour la vie professionnelle est très différente selon que l’on est un homme ou une femme. Par exemple, selon une étude de l’Université de Genève, les hommes préfèrent les connaissances scientifiques alors que les femmes sont davantage attirées par l’ouverture d’esprit caractéristique de l’université. D’autre part, si les femmes sont globalement plus performantes dans leurs études universitaires, cet avantage ne semble pas se concrétiser lorsqu’il s’agit de trouver un emploi ou de poursuivre une carrière à l’université (davantage de femmes s’inscrivent à l’université mais ceci ne se traduit pas par davantage de femmes que d’hommes qui deviennent professeure). Les femmes recherchent dans les études universitaires un intérêt pour un domaine d’étude ou un épanouissement personnel alors que les hommes visent plutôt un emploi prestigieux et un bon salaire au sortir de leurs études.

A la fin des présentations, de mon point de vue de conseiller pédagogique, je me suis posé la question de savoir ce que les enseignant-e-s pouvaient faire en pratique dans leurs enseignements pour tenir compte de toutes ces recherches. En d’autres mots, comment rendre son enseignement sensible à la question du genre? Y a-t-il des méthodes ou une organisation qui pourrait tenir compte des différences entre les étudiantes et les étudiants?

Personnellement, lors d’un cours que j’ai donné avec Hervé Platteaux à Fribourg (Usage des technologies pour l’enseignement et les apprentissages), nous avons été observés par une collègue qui s’est penchée spécifiquement sur ces questions de genre. Par exemple, si dans l’imaginaire collectif, on s’attend à ce que les femmes soient moins habiles avec les technologies que les hommes, comment cela se traduit-il dans un enseignement? Ceci est un gros cliché, bien sûr, mais si on n’y prend pas garde, est-ce que cela a une influence? Ou est-ce que notre matériel de cours est épicène? Ou même est-ce que notre façon de nous adresser aux étudiant-e-s est épicène? Après l’observation, nous avons rempli Hervé et moi un questionnaire réflexif (PDF – 164Ko) puis nous avons eu un long entretien avec notre collègue et j’ai appris pas mal de choses sur ma façon de donner cours et sur les pistes qui sont à développer pour tenir davantage compte de la diversité des étudiant-e-s. Il se fait justement que cette année, nous avions un groupe composé uniquement d’étudiantEs!

Voici mes quelques notes prises lors de l’entretien:

  • Utiliser un langage épicène à l’écrit (polycopié, dias, etc.) n’est pas une chose très compliquée. Ce blog en est la preuve 🙂 Mais c’est plus difficile à l’oral. Pourtant, selon les recherches menées dans le domaine, s’adresser explicitement aux étudiantes et aux étudiants en utilisant un langage épicène influe leur motivation et montre l’intérêt que l’on a pour chacune et chacun.
  • Dans un cours, quand on cite des auteur-e-s important-e-s, on a tendance à « asexuer » les noms. Le problème est que tout le monde a tendance à penser que les chercheurs sont toujours des hommes. Mentionner également les prénoms des chercheur-euse-s et équilibrer les citations d’auteures et d’auteurs permet de mettre en valeur le fait que les femmes aussi font de la recherche. Ceci est d’autant plus vrai dans le domaine des sciences de l’éducation…
  • Dans un cours comme le nôtre sur les usages des technologies, on a vite fait de penser que les femmes sont moins habiles que les hommes avec un ordinateur et on a peut-être tendance à les accompagner de trop dans la maîtrise des outils techniques. Mais il n’y a a priori aucune raison d’agir ainsi.
  • Dans les critères d’évaluation des travaux des étudiant-e-s, il serait possible d’ajouter le fait que leurs textes devraient être épicènes.
  • Au-delà de la question du genre, cette réflexion nous a amenés à nous questionner de façon plus générale sur la différenciation de l’enseignement. Par exemple, dans quelle mesure notre enseignement est-il adapté à des étudiant-e-s handicapé-e-s? Tou-te-s les étudiant-e-s ont-ils/elles un accès égal à un ordinateur? etc. Se soucier de ces questions, c’est montrer aux étudiant-e-s qu’on se préoccupe de leurs difficultés potentielles et de leur personne. Cela peut contribuer à augmenter leur motivation pour notre enseignement.

Pour conclure cet article, sachez que le Centre de didactique universitaire de l’Université de Fribourg (projet e-qual) organise le 25 janvier 2010 un colloque intitulé « La perspective « genre » dans l’enseignement supérieur et l’évaluation de l’enseignement ».

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Le 8 septembre dernier, l’AIPU Suisse organisait sa première journée d’étude intitulée « Innover dans l’évaluation des apprentissages. Pourquoi et comment ? ». J’avais annoncé l’arrivée d’un compte-rendu. Le voici donc. Je présente ici mes quelques notes et réflexions.

La conférence introductive était présentée par Marc Romainville. J’ai trouvé intéressant le fait qu’il fonde son intervention sur les représentations que beaucoup d’enseignant-e-s du supérieur se font de l’évaluation. J’ai retenu plusieurs choses, qui pourront paraître un peu triviales à certain-e-s mais qui, de mon point de vue de conseiller pédagogique, me semblent intéressantes à expliciter aux yeux des enseignant-e-s.

Il y a souvent dans l’enseignement supérieur une différence entre les exigences annoncées aux étudiant-e-s et les exigences effectives (celles qui interviennent au moment de l’examen). Il y a ainsi beaucoup d’exigences et de critères d’évaluation implicites. Par exemple, un-e enseignant-e peut annoncer avant un examen qu’il ne tiendra pas compte de l’orthographe lors de la correction des copies mais se laisser tout de même influencer par la maîtrise de la langue écrite par les étudiant-e-s lors de l’examen. Un autre exemple, pour une même question d’examen comme « Définissez le principe d’Archimède », deux enseignant-e-s corrigeront tout à fait différemment selon qu’ils/elles attendent une définition mot à mot issue du livre de référence ou une définition expliquée par l’étudiant-e avec ses propres mots. Dans un cas, on vise la rétention d’information, dans l’autre la compréhension d’une notion.

Il y a donc des problèmes de validité (par exemple, on prétend mesurer la réflexion des étudiant-e-s alors qu’on ne fait que mesurer leur mémoire) et de fidélité (par exemple, deux enseignant-e-s corrigent différemment une même copie ou un-e même enseignant-e corrige différemment une même copie à des moments différents). Le problème est que beaucoup d’enseignant-e-s (selon les études citées par Marc Romainville) pensent que leur évaluation est suffisamment objective ou encore qu’il faut de la subjectivité dans l’évaluation. Or, l’évaluation est en réalité une inférence, une construction de sens à propos d’une performance d’un-e étudiant-e réalisée à un moment donné et qui est censée représenter un apprentissage. L’évaluation est une procédure par laquelle un-e étudiant-e va apporter une preuve qu’il a atteint un objectif d’apprentissage spécifique.

Sans prétendre arriver à être totalement objectif, on peut tout de même mettre en place certaines balises procédurales pour réduire la subjectivité. Pour ce faire, Marc Romainville propose de travailler en cinq étapes:

  1. Définir les compétences et les connaissances à mesurer en rédigeant des objectifs d’apprentissage mesurables et en vérifiant que ceux-ci ont effectivement fait l’objet d’un enseignement. On a tendance parfois à considérer certaines compétences comme des prérequis sans le formuler explicitement.
  2. Élaborer un dispositif d’évaluation approprié. Faire un examen oral dans un cours portant sur la maîtrise de la rédaction écrite ne serait pas le plus approprié par exemple…
  3. Clarifier le contrat didactique en informant les étudiant-e-s des modalités et des critères d’évaluation, en suggérant des démarches d’apprentissage (pour prendre des notes ou étudier par exemple), en rappelant régulièrement ces modalités et ces démarches et en créant des situations d’apprentissage actif (simuler un examen, proposer en lecture des copies d’examen d’années précédentes, exercer à l’utilisation de la grille d’évaluation, etc.).
  4. Établir la note en traitant les copies de façon anonyme, question par question et dans un ordre différent pour chaque question. La note devrait aussi être établie selon une méthode prédéfinie et identique pour chaque étudiant-e, même lors d’examens oraux.
  5. Retourner de l’information, donc un feedback, de façon bienveillante et en encourageant le développement.

Une stratégie intéressante pour rendre explicite la démarche d’évaluation est celle des grilles d’évaluation critériées dont j’ai déjà parlé plusieurs fois sur ce blog. Quelques exemples sont accessibles sur le site du livre « Enseigner à l’Université dans une approche-programme » de Huguette Bernard, Anastassis Kozanitis et Richard Prégent (2009). Par ailleurs, le site « Authentic assesment Toolbox » propose plusieurs techniques et de nombreux exemples pour mettre en place des stratégies diversifiées d’évaluation des apprentissages (portfolio, grilles d’évaluation, etc.).

L’après-midi était consacré à un travail en ateliers centrés sur des thématiques choisies par les participant-e-s. J’étais dans le groupe qui a réfléchi à l’auto-évaluation des étudiant-e-s. La discussion a tourné autour de plusieurs questions centrales:

  • quels outils peut-on fournir aux étudiant-e-s pour les soutenir dans leurs auto-évaluations?
  • dans quelle mesure l’auto-évaluation peut-elle soutenir l’auto-formation ou l’apprentissage individuel?
  • quels peuvent être les objectifs d’un exercice d’auto-évaluation?
  • quelle peut être la relation entre auto-évaluation et évaluation?
  • quelle est la validité de l’auto-évaluation?
  • sous quelles modalités peut-on organiser l’auto-évaluation avec ses étudiant-e-s?

Quelques points que je retiens de la discussion:

  • Il est assez important de bien cadrer ce type d’exercice: objectifs, temporalité, consignes, etc.
  • Des objectifs intéressants à poursuivre pour les étudiant-e-s peuvent être la prise de conscience de ses propres processus d’apprentissage, la confrontation avec une grille de critères prédéfinis ou la valorisation de son expérience.
  • L’auto-évaluation de l’enseignant-e permet aussi de développer la qualité de la formation.

J’ai trouvé un résumé intéressant de ce que peut être l’auto-évaluation dans l’enseignement supérieur sur le site de la Queen’s University de Belfast. Plusieurs autres ressources y sont aussi proposées.

Enfin, sur les questions d’évaluation des apprentissages dans l’enseignement supérieur, voici deux références de base:

Brown, G., Bull, J., & Pendlebury, M. (1997). Assessing student learning in higher education. London: Routledge.

Dunn, L., Morgan, C., O’Reilly, M., & Parry, S. (2004). The student assessment handbook. London: Routledge.

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Le 24 septembre dernier, j’étais à Fribourg pour assister à la conférence de Mireille Houart qui présentait plusieurs parties de sa recherche doctorale en didactique des sciences « Impact de la communication pédagogique sur les notes et les acquis des étudiant-e-s à l’issue d’un cours magistral » (Facultés Universitaires de Namur – FUNDP). Parmi les compétences méthodologiques que les étudiant-e-s doivent apprendre rapidement à développer lors de leur entrée à l’université, la prise de notes est probablement une des plus « techniques ». Il faut être capable en même temps d’écouter un-e enseignant-e qui parle, de lire le contenu des dias projetées, d’en faire un résumé personnel mentalement et d’écrire ce résumé. La charge cognitive qui en découle est pour beaucoup d’étudiant-e-s difficile à gérer. Quand on sait par ailleurs que le taux de réussite en première année universitaire dans les filières scientifiques aux Facultés de Namur est de seulement 40%, on comprend mieux pourquoi cette problématique mérite d’être étudiée.

Les dias de cette conférence, ainsi que les articles relatifs sont disponibles sur le blog du Centre de Didactique universitaire de l’Université de Fribourg. Je fais ici un résumé des quelques points essentiels que j’ai notés.

  1. L’hypothèse centrale de la recherche est que « La qualité de la communication pédagogique est un facteur déterminant pour l’apprentissage ». L’intérêt de cette hypothèse est qu’elle permet de s’interroger sur un facteur en partie contrôlable par les enseignant-e-s. Pour vérifier cette hypothèse, deux éléments ont été observés: la qualité des notes des étudiant-e-s et les acquis de ceux/celles-ci. Le but était d’émettre ensuite des suggestions pour améliorer la communication pédagogique lors de cours ex-cathedra. En résumé, la méthodologie consistait à comparer les informations données par les enseignant-e-s au cours (enregistrement vidéo des séances, notes écrites au tableau, contenus des dias présentées) avec le contenu des notes écrites par les étudiant-e-s et leur note à l’examen de fin d’année.
  2. Il est possible de décrire la communication pédagogique au moyen de 7 caractéristiques:
    • le niveau de l’énoncé oral (les notions expliquées par l’enseignant-e ainsi que les commentaires métalinguistiques ou expressions à propos des notions comme « Vous savez, nous avions vu ça au cours précédent« );
    • le niveau hiérarchique de l’énoncé (sa place dans la table des matières du cours ou l’importance relative des informations données);
    • les caractères de reprise (répétitions ou reformulations);
    • les indices inhibiteurs ou déclencheurs de la prise de notes (« Attention, ceci est important » ou « Prenez bien note de cette définition« );
    • les canaux utilisés (énoncé oral, dias, notes au tableau);
    • le nombre de canaux utilisés pour transmettre l’information;
    • les divers modes de représentation symbolique propres à la discipline concernée (ici, en chimie, il s’agissait de tableaux, schémas, symboles, etc.).
  3. Il est possible de décrire la qualité de la prise de notes des étudiant-e-s selon 4 critères:
    • l’ampleur (exhaustivité ou non de la prise de notes);
    • la fidélité du sens respectée ou non;
    • la pertinence (informations utiles ou non);
    • le choix du canal utilisé par l’enseignant-e (énoncé oral, tableau, dias).
  4. L’analyse des données met en lumière plusieurs constats très éclairants sur la façon dont les étudiant-e-s prennent des notes lors des cours ex-cathedra. Voici plusieurs de ces constats, assez emblématiques:
    • Les étudiant-e-s adaptent leurs notes en fonction de la nature et du nombre de canaux utilisés par l’enseignant-e. Par exemple, si l’enseignant-e n’utilise que le canal oral, il y a 8% de chances que ce qu’il/elle dise se retrouve dans les notes des étudiant-e-s. Alors que s’il/elle utilise les 3 canaux (explications orales soutenues par une dia et un schéma au tableau par exemple), il y a 100% de chances que l’information soit notée… En d’autres mots, les étudiant-e-s ne trouvent pas utile de noter les commentaires que l’enseignant-e fait si ceux-ci ne se retrouvent ni sur les dias ni au tableau…
    • Si la hiérarchie des informations (importantes ou moins importantes, titres, définitions) n’est pas perçue par les étudiant-e-s, leur prise de note est aléatoire. Dans bien des cas, la prise de notes se résume à recopier le matériel de cours (dias ou notes écrites au tableau) car c’est ce qui paraît le plus important.
    • Les informations trop symboliques ou certaines définitions qui recourent à des termes très spécifiques comme (ici en chimie) « solution », « saturation », « solvant », « précipitation », etc. sont partiellement notées. Certain-e-s étudiant-e-s disent notamment « C’est impossible de noter et comprendre en même temps!« . En première année d’université, il faut en effet comprendre que le mot « précipitation » en chimie n’a pas le même sens qu’en météorologie… Et ceci n’est pas toujours explicitement expliqué par les enseignant-e-s, ce qui fait que nombre d’étudiant-e-s notent sans comprendre et ne comprennent pas nécessairement mieux lorsqu’ils/elles relisent leurs notes en vue de l’examen.

La prise de notes et son exploitationSur base de ces constats, Mireille propose de travailler sur deux plans: avec les étudiant-e-s et avec les enseignant-e-s. Pour les étudiant-e-s, des formations propédeutiques peuvent être organisées. Un exemple est celui présenté sur Canal-U. Il s’agit d’un cours d’une heure environ proposé par Régine Acquier et qui s’intitule « La prise de notes et son exploitation« . Au programme, exercices et documentation pour prendre conscience de ses stratégies de prise de notes et les améliorer. De nombreuses universités proposent par ailleurs aux étudiant-e-s des modules de formation ou des guides pour développer leurs méthodes de travail (un exemple à l’Université d’Ottawa, un autre à l’Université de Clermont-Ferrand).

Pour les enseignant-e-s, Mireille Houart propose plusieurs pistes d’actions:

  • Il peut être vraiment efficace de ralentir le rythme de la présentation orale lorsque des notions nouvelles sont exposées. Si des notes sont prises au tableau, il est utile de ne pas parler en écrivant (c’est d’ailleurs un conseil donné en général à tout-e enseignant-e qui utilise le tableau noir).
  • Un support écrit, polycopié ou copie des dias, peut être distribué aux étudiant-e-s avant le cours pour rendre claire la structure hiérarchique du cours et les liens existant entre les différentes notions. Ce support peut aussi contenir les schémas, tableaux, graphiques, etc. vus et commentés pendant le cours oral. En tout cas, il est utile de s’interroger sur le besoin ou non de faire recopier aux étudiant-e-s ces éléments: cela prend en général du temps et détourne l’attention des étudiant-e-s des explications orales.
  • Même si cela peut paraître « scolaire », il peut vraiment être utile d’utiliser des déclencheurs explicites de la prise de notes, surtout en première année d’université: « prenez note de ceci » ou le fameux « attention, ceci est vraiment important pour l’examen« … Relativement peu d’étudiant-e-s prennent spontanément des notes de façon intelligente. Un petit coup de pouce en première année peut vraiment aider les autres.
  • Même si, encore une fois, cela peut paraître « scolaire », ce n’est jamais une perte de temps de rappeler quelques règles de fonctionnement de base des cours universitaires: comment utiliser les documents de cours, quel est leur statut par rapport au cours oral, comment préparer le cas échéant le cours suivant, quel est le statut de la prise de notes par rapport aux documents de cours et aux séances de cours, etc. A nouveau, ceci peut vraiment aider les étudiant-e-s de première année.

Houart, M. (2009). Étude de la communication pédagogique à l’université à travers les notes et les acquis des étudiants à l’issue du cours magistral de chimie. Thèse de doctorat en Sciences, Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix, Namur.

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